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Bandoura, instrument de musique du temps des cosaques Auteur: J'aime l'Ukraine

Taras Yanitskiy - chanson classique

Taras Yanitskiy - chanson modèrne

Nous avons déjà parlé des Chpéliasti kobzari, groupe de six jeunes bandouristes. Il est temps de dévoiler leur instrument magnifique qui ne vous laissera pas indifférents.

La bandoura est un instrument à cordes pincées ukrainien qui descend de la kobza, le plus ancien instrument de musique datant du XIVe siècle.  Bien qu’elle conserve un manche, il n’est plus fretté et on y joue plus d’accords. La vaste caisse de résonance en bois de forme ovoïde supporte deux chevalets courbes où passent plus de 50 cordes en métal. Au fil du temps, la bandoura a acquis plus de cordes et est devenue complètement chromatique avec des permutateurs pour changer de tonalité. La bandoura associe les principes de la cithare et du luth. On en pince les cordes avec les doigts : les longues basses avec la main gauche, et les cordes mélodiques avec la main droite.

Le mot « bandoura » a de nombreuses origines. Certains estiment que le nom de l’instrument provient de la pandore antique. D’autres prouvent (parmi eux, Hnat Khotkevytch, bandouriste, ethnographe, écrivain, compositeur, homme politique) que l’origine est dans le sanscrit: du mot « vandin » et sa forme « bandin » qui signifierait « chanteur, celui qui glorifie ».

Au XVIIe siècle, la kobza est devenue très populaire en Ukraine, et à partir du XVIIe siècle elle a commencé à gagner du terrain russe. De ce fait, on a décidé d’ »ennoblir » le nom de la kobza en l’appelant à la manière occidentale et latine, « bandora »; elle se vulgarise aussi en Pologne. Ainsi, la kobza se perfectionne avec le temps, on y ajoute plus de cordes, des pré-cordes plus courtes à droite du manche, ce qui permet une technique populaire qui augmente le diapason en gardant la main à la même position sur le manche. Et le nom de la bandoura s’est installé avec ces améliorations. Aujourd’hui, la bandoura comporte entre 55 et 65 cordes.

À l’origine elle était utilisée pour accompagner les danses folkloriques. Elle est devenue vraiment populaire entre le XVe siècle et le XVIIIe siècle, avec les kobzars, musiciens voyageurs, troubadours ou bardes ukrainiens, qui chantaient les exploits des célèbres guerriers ukrainiens — les cosaques. Aux temps de la Sitch de Zaporijjia (XVIe siècle) et son statut du centre politique et militaire, les cosaques mêmes partaient rarement sans leur kobza-bandoura. Ils appelaient le peuple à la lutte, à la révolte, l’instrument était honoré et chanté lui-même.

Nous ne pouvons pas omettre le rôle de la femme-bandouriste, car oui, les femmes jouaient et jouent de la bandoura! Avant, c’étaient les filles de leurs célèbres pères-bandouristes qui jouaient à la cour; dans les années 20 et 30 du siècle dernier, les premières femmes jouant de la bandoura  apparaissent sur la scène soviétique; à partir des années 60, la majorité des élèves des conservatoires étaient des femmes; maintenant, de plus en plus de jeunes femmes s’intéressent à cet instrument mélodique qui permet d’offrir une palette de sons incroyable.


Sources: http://www.jaime-lukraine.fr/culture/traditions/bandoura