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Le premier millénaire avant J-C

Les premiers Slaves arrivent sur le territoire géographique de l’actuelle Ukraine. Cette région avait été auparavant parcourue par des Cimmériens, Scythes, Sarmates, Goths, sans oublier l’installation vers le VIIème siècle avant J-C de colonies grecques sur les bords de la mer Noire.

  L’État de la Rous’ Kyïvienne

Dès le VIème siècle après J-C, les différentes tribus slaves se rassemblent. Au XIème, Kyïv (Kiev en russe) profite de sa position géographique pour devenir le centre de la puissante Rous’ kyïvienne qui est considérée alors comme le plus grand État d’Europe qui s’étend au-delà des limites de l’Ukraine actuelle.

 

 

 

 

 

 

Le 11 juin 980, Volodymyr Sviatoslavitch, dit « Volodymyr-le-Grand » ou encore « le Beau Soleil » connu également plus tard comme “Saint Volodymyr”, devient le Grand-Prince de la Rous’ kyïvienne. C’est un descendant de chefs vikings suédois nommés Varègues qui ont donné naissance à toute une dynastie à la Rous’ dès le IXème siècle.

En 988, Volodymyr reçoit le baptême, bannit les idoles païennes et impose à son peuple le christianisme de rite byzantin introduit par le missionnaire Cyrille (Constantin le Philosophe) et son frère Méthode.

Zlatnyk de Volodymyr le Grand

Après la mort de Volodymyr-le-Grand en 1015, une guerre civile éclate. Ce n’est qu’en 1019 que son fils Iaroslav-le-Sage prend le pouvoir. Sous son règne, l’État kyïvien atteint son apogée et le souverain (dont une fille deviendra reine de France en épousant en 1051 le capétien Henri Ier) étend son territoire de la Baltique à la mer Noire et du confluent de l’Oka avec la Volga jusqu’aux Carpates. 

Tout au long de son règne, Iaroslav-le-Sage renforce le droit, l’éducation, et développe l’architecture et l’art kyïvien. Il meurt en 1054, laissant en héritage à ses enfants les différents fiefs féodaux de la Rous’ kyïvienne.

  Srebrenik d’Iaroslav le Sage

Outre les conflits internes déchirant la Rous’, Kyïv, la capitale, est mise à sac à plusieurs reprises entre les XIIème et XIIIème siècles par les Moscovites ancêtres des Russes, les Coumans et les Tataro-Mongols.

Après la mort de Volodymyr-le-Grand en 1015, une guerre civile éclate. Ce n’est qu’en 1019 que son fils Iaroslav-le-Sage prend le pouvoir. Sous son règne, l’État kyïvien atteint son apogée et le souverain (dont une fille deviendra reine de France en épousant en 1051 le capétien Henri Ier) étend son territoire de la Baltique à la mer Noire et du confluent de l’Oka avec la Volga jusqu’aux Carpates. 

Tout au long de son règne, Iaroslav-le-Sage renforce le droit, l’éducation, et développe l’architecture et l’art kyïvien. Il meurt en 1054, laissant en héritage à ses enfants les différents fiefs féodaux de la Rous’ kyïvienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie” 
Peinture dIlia Répine de 1880 à 18911

 

 

 

L’origine du mouvement cosaque

Dès la fin du XVème siècle, alors que le territoire ukrainien est dominé par la Pologne et la Lituanie, les paysans se rebellent et se rassemblent. Ils adoptent le nom de « cosaques » (mot dérivé du turco-mongol « kazaq », signifiant : « homme libre »).

 

 

 

Les cosaques zaporogues

Initialement venus de Kyïv, ces guerriers résident dans des camps retranchés connus sous le nom générique de « sitch ». La première « sitch » se trouvait sur l’île de « Mala Khortytsia » (Khortytsia pouvant signifier « milieu du fleuve »…) en aval des rapides du Dniepr, d’où le nom de zaporogues, un mot qui dérive de « za porohy » signifiant « au-delà des rapides ». La « sitch » des cosaques zaporogues sera rasée au XVIIIème siècle sur ordre de l’impératrice russe Catherine II.

Les cosaques commencent à organiser des assemblées générales appelées « rada » (conseil). Leurs chefs militaires sont élus par la démocratie directe. Au plus haut niveau de la hiérarchie, se trouvent les « hetman ». Lors de ces mêmes assemblées, les cosaques déterminent leur ligne directrice et leurs objectifs. L’hetman a le droit de veto mais il use peu de cette prérogative afin de ne pas provoquer la colère des farouches cosaques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Severyn Nalyvaïko (à gauche) Petro Sahaïdatchnyï  (à droite)

 

 

 

Au 1594, l’hetman Severyn Nalyvaïko mène le plus important soulèvement contre la noblesse polonaise. En 1620, l’hetman Petro Sahaïdatchnyï contribue à la création d’un centre culturel à Kyïv. La ville devient désormais le centre géopolitique des cosaques.

 

 

 

En 1648, l’hetman Bohdan Khmelnytskyï entre en conflit avec la Pologne et réussit à créer un territoire cosaque autonome appelé « Україна » (Ukraine) dans le bassin du fleuve Dnipro (Dniepr en russe) situ entre la Pologne et la Russie. Rappelons pour la petite et la grande histoire que le nom d’Ukraine figurait déjà dans les chroniques Kyïviennes de l’année 1187 à une époque où la Russie n’existait pas.

En 1654, la signature à Pereïaslav du Traité d’alliance entre Bohdan Khmenytskyï et le tsar Alexis de Russie prévoit d’assurer la protection de l’État cosaque. Cette promesse demeurera lettre morte car en 1667, la Russie signe le Traité d’Andrusovo avec la Pologne, aux termes duquel l’Ukraine est divisée en deux parties (l’Est du pays devient l’État autonome des cosaques sous protectorat des tsars russes et l’Ouest devient une province de la Pologne).

 

 

 

 

Précisons que la Principauté de Moscou devenue Grande-Principauté au XIVème siècle et rivale de l’Ukraine ancienne Rous’ kyvienne,  prendra le nom de Russie au milieu du XVIème siècle sous le règne d’Ivan IV dit le Terrible, premier tsar de Russie.  Pierre Ier dit le Grand parachèvera l’œuvre  d’Ivan-le-Terrible en se proclamant tsar puis empereur de toutes les Russies en 1721. « Toutes » : que faut-il entendre par-là ? Tout simplement que l’autocrate russe aura ainsi intégré purement et simplement une partie des territoires ukrainiens déjà occupés en leur subtilisant leur Histoire au profit de la Russie ! Une imposture qui dure jusqu’à nos jours…

 

 

 

 

 

 

Petro Dorochenko (à gauche) Ivan Mazepa  (à droite)

              Petro Dorochenko

En 1667, l’hetman Petro Dorochenko avec le soutien des Tatars de Crimée bat l’armée polonaise, traverse le Dnipro
et parvient à unir l’Est et l’Ouest. En 1668 il devient l’hetman de toute l’Ukraine.

               Ivan Mazepa

En 1708, l’hetman Ivan Mazepa, figure légendaire popularisée par Tchaïkovski, Liszt, Lord Byron ou Hugo, s’allie à la Suède pour s’opposer à la Russie de Pierre-le-Grand. Il réussit également à rassembler les cosaques et avec Charles XII, le roi de Suède, mène une guerre contre l’Empire russe mais Pierre-le-Grand vainc les armées suédoises et ukrainiennes à Poltava en 1709 et reprend le contrôle du territoire ukrainien.

L’influence du mouvement cosaque

Au XVIIIème siècle, on considère que l’« Hetmanat » (organisation territoriale, politique, militaire et sociale des cosaques) compte parmi les peuples les mieux alphabétisés de toute l’Europe. La plupart des villages disposaient alors d’une école et les cosaques étaient réputés pour leur haut niveau d’éducation.

“VKRAINE ou PAYS DES COSAQUES”
1690 par V. Coronelli

Dès le début du XIXème siècle, lorsque l’Empire russe mène une politique de russification effrénée sur les territoires occupés de l’Ukraine, un mouvement d’intellectuels ukrainiens y fait opposition. La figure emblématique de ce mouvement est le peintre et poète Taras Chevtchenko qui parvient à transmettre, en dépit d’une existence placée sous le signe de la répression tsariste, son immense amour pour son pays à travers ses œuvres picturales et poétiques. Ces intellectuels ont été les artisans de la renaissance de la langue et  de la culture ukrainiennes.

Durant tout le XIXème siècle, l’Ukraine reste partagée entre deux Empires, russe et autrichien, ce dernier ayant reçu la Galicie au Sud-Ouest du pays à la faveur du troisième partage de la Pologne-Lituanie en 1795.

Une courte indépendance

À la suite de la révolution russe de 1917, la Rada centrale ukrainienne (Parlement) proclame la République Populaire Ukrainienne, dirigée respectivement par l’historien Mykhaïlo Hrouchevsky, Volodymyr Vynnytchenko et Simon Petlura. On la dénomme aussi République Nationale Ukrainienne (UNR).  Au début de l’année 1919, sur le territoire ukrainien se confrontent quatre forces qui ont pour principe « chacun contre tous les autres »:

  • Les troupes russes tsaristes (dites Blanches),
  • L’armée communiste des Bolchéviks (dite Rouge),
  • L’armée nationaliste ukrainienne de Simon Petlioura,
  • Les troupes anarchistes (dites Noires) de Nestor Makhno.

 

À la fin de la même année, les Bolcheviks finissent par l’emporter sur les autres belligérants. En 1921, l’Ukraine est à nouveau divisée entre la Russie et la Pologne.

Le communisme

En 1922, est créée l’URSS. L’Ukraine y est intégrée et devient l’une des premières sources de ravitaillement, lorsque Joseph Staline lance en 1929 le premier plan quinquennal.

La République Socialiste Soviétique d’Ukraine (RSSU) avait une superficie de 603 700 km2 (la superficie actuelle de l’Ukraine), ce qui en faisait par la taille la 2ème république fédérée de l’URSS qui elle comptait au total 22 402 200 km2. La population ukrainienne représentait alors 18% de l’Union soviétique.

Pour faire face aux besoins en énergie, la plus grande centrale hydraulique d’Europe est construite sur le Dnipro : « ДнепроГЭС » (DniproGuES), et le grand bassin minier et métallurgique du Donbass est mis en valeur.

 

 

 

 Le « Holodomor » (extermination par la faim)

Reconnu en 2008 par le Parlement Européen comme « crime contre le peuple ukrainien et contre l’humanité », le  « Holodomor » a provoqué sciemment plus de 6 millions de morts en Ukraine et aussi moindrement en Russie dans des régions largement peuplées d’Ukrainiens. Pour en comprendre le mécanisme, il faut revenir en 1929. Staline lance son plan de collectivisation des terres.

Alors que la productivité agricole était en hausse, l’année 1931 constitue une date clé pour deux raisons :
– une supposée très mauvaise récolte
– une révolte de la part des agriculteurs ukrainiens qui ne veulent plus donner les fruits de leur travail à l’État.
Un grand nombre de mesures sont alors prises, comme par exemple :
– 20 novembre 1932 : instauration d’une amende sous forme de livraison de viande visant les paysans incapables de livrer les quotas de grains requis. Une fois payé l’impôt en viande, les paysans doivent encore livrer leur quota de grains initial
– 14 décembre 1932 : autorisation est donnée de déporter vers des camps de concentration les communistes locaux ukrainiens qui sont accusés de permettre aux nationalistes ukrainiens de saboter la collecte de grains.


En même temps, les villages entiers restent bloqués par les forces armées bolcheviks ne permettant pas aux paysans affamés de s’échapper des régions où la famine artificielle était organisées
– 23 janvier 1933 : interdiction est faite de vendre des billets de train aux paysans pour les longues distances
Les historiens estiment que le quart de la population ukrainienne a disparu à la suite de ces mesures draconiennes. Durant l’hiver 1932-1933, ce sont quelque 17 000 personnes qui meurent de faim chaque jour.
Staline ne s’arrête pas là. À la fin de la famine, il organise en masse déportations vers les goulags et assassinats d’intellectuels, en majorité ukrainiens. Cette époque est appelée la “Grande Terreur”.

Une brève et difficile indépendance

Le 1er septembre 1939, Hitler rompt le Pacte germano-soviétique. Il envahit la Pologne et avec elle une partie de l’Ukraine actuelle, dont la ville de Lviv. Atrocement marqués par le stalinisme, les Ukrainiens croient voir dans les nazis des sauveurs et les accueillent avec l’espoir de restaurer leur indépendance. Très rapidement, les nazis montrent aux Ukrainiens qu’ils ne sont pas meilleurs que les communistes.

 

 

 

Le 30 juin 1941, Stepan Bandera proclame la restauration de l’État ukrainien à Lviv. Peu de temps après, la branche de l’OUN (Organisation des nationalistes ukrainiens) qu’il dirige, crée l’UPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne) pour combattre les nazis à l’Ouest et les Bolcheviks russes à l’Est. Leur combat continuera jusqu’à 1954, bien après la chute du nazisme et la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

 

 

 Tchornobyl, une catastrophe de portée mondiale

Le 26 avril 1986, à 96 km de Kyïv, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchornobyl (Tchernobyl en russe) explose. Les raisons en sont multiples, mais avant tout, la catastrophe est due à une mauvaise conception du réacteur et surtout à l’absence de contrôle de sûreté. 

Ce n’est qu’au bout de 30 heures suivant l’accident que Pripiat, la ville la plus proche de la centrale,    est évacuée. Quant à l’ensemble des Soviétiques, ils attendront trois jours pour que les dirigeants se décident à faire une annonce officielle  les informant de la catastrophe.

 

 

 Début de l’Indépendance

 Le 16 juillet 1990, le parlement ukrainien appelé la « Verkhovna Rada » (Conseil suprême) adopte la Déclaration sur la souveraineté politique de l’Ukraine. Le 24 août 1991, l’indépendance complète de l’Ukraine est proclamée.

Annonce de l'indépendance de l'Ukraine en1991 - Les meilleurs moments

L’indépendance du pays initiée par le parti du Mouvement populaire d’Ukraine, « Roukh » (Mouvement) s’affaiblit progressivement avec la mort de son leader, Viatcheslav Tchornovil. Alors même que ce dernier prépare sa candidature pour les élections présidentielles de 1999, il décède suite à un étrange accident de voiture près de Kyïv.

La Révolution orange

Le 6 septembre 2004, Viktor Iouchtchenko, le candidat favori et futur leader de la Révolution orange, est invité à un dîner avec le chef des services secrets ukrainiens. Lors de ce repas, il est victime d’un empoisonnement à la dioxine, administrée à haute dose. Son visage est horriblement atteint mais après des mois de souffrance en dépit de soins intensifs, Viktor Iouchtchenko se remet peu à peu.

En Ukraine, la tradition veut qu’une jeune femme voulant dire non à un prétendant place une citrouille (de couleur orangée) devant sa porte. Le 23 novembre 2004, un demi-million de manifestants sortent avec des drapeaux  de couleur orangée sur le « Maïdan Nezalezhnosti » (Place de l’Indépendance) au centre de Kyïv pour dénoncer les résultats très litigieux du deuxième tour de l’élection présidentielle. Le candidat Viktor Ianoukovitch, financé par l’oligarque Rinat Akhmetov, obtient le soutien politique et médiatique du président russe, Vladimir Poutine, et arrive en tête des élections présidentielles. Face à lui, se trouve Viktor Iouchtchenko, soutenu par la population, l’Europe et les Etats-Unis.

Sous la pression de la rue et à la suite de négociations très difficiles, le 26 décembre 2004, un troisième tour des élections est organisé. Après deux mois de manifestations, le 23 janvier, Viktor Iouchtchenko est élu président. L’objectif de la Révolution orange semblait accompli. Malade et ayant peu de soutien international, Viktor Iouchtchenko déçoit la population ukrainienne par son manque de réformes. Lors des élections en 2010, les ukrainiens votent en faveur de son rival pro-russe, Viktor Ianoukovitch. Très vite, il devient évident que Victor Ianoukovitch, au lieu de se comporter en chef d’Etat, profite de son statut pour faire des affaires et s’enrichir de manière éhontée comme en témoignent son train de vie luxueux et sa fastueuse résidence.

Très vite, il devient évident que Victor Ianoukovitch, au lieu de se comporter en chef d'Etat, profite de son statut pour faire des affaires et s’enrichir de manière éhontée comme en témoignent son train de vie luxueux et sa fastueuse résidence.

La résidence de Ianoukovitch à Mezhyhiria

Maïdan : Révolution de la Dignité

Au début du mois de novembre 2013, alors que l’Ukraine s’apprête à signer le premier accord d’association avec l’Union Européenne, le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, ordonne à Viktor Ianoukovitch de ne pas signer le traité. Pour faire plier ce dernier, V. Poutine restreint l’achat de certains produits ukrainiens, revoit les prix du gaz à la hausse et envisage d’imposer un visa aux citoyens ukrainiens se rendant en Russie.
   Le 21 novembre, Viktor Ianoukovitch rejette la  signature de l’accord. Le soir même, quelques centaines de jeunes se rassemblent sur la Place de l’Indépendance  pour exprimer leur mécontentement. Hélas, très peu de média couvrent l’événement. Alors qu’il reste une poignée de personnes sur la Place, Viktor Ianoukovitch décide de briser le mouvement par la force. Ce soir-là, la révolution commençait véritablement.
   Afin de marquer leur opposition face à la brutalité des « berkuts » (unités spéciales anti-émeutes) envers les manifestants, des sympathisants arrivent de toute l’Ukraine et même de l’étranger et se rassemblent sur la Place de l’Indépendance qui sera bientôt popularisée sous l’appellation de « Maïdan ». C’est alors, que le monde entier ouvre les yeux sur ce mouvement pro-européen, auto-organisé et unique de par son comportement pacifique.

Les températures tombent à moins 10 C°, ce qui n’empêche pas les manifestants d’être de plus en plus nombreux et de mieux en mieux organisés. Face à eux, les « berkuts » redoublent de violence, épaulés par des « titushki », des provocateurs fanatiques venus de Russie. Le 18 février, des snipers entrent en action et tirent sur la foule des manifestants. Pour contrer ces attaques, les étudiants qui sont en majorité, forment des groupes d’auto-défense.

Cette organisation informelle et spontanée, très critiquée et souvent qualifiée en Russie de néo-nazie, n’est en réalité qu’une poignée de courageux. Sans idéaux et leader le mouvement « Pravy Sektor » (secteur droit), décide alors de choisir Dmytro Iaroch comme chef. Contrairement aux rumeurs persistantes, ils ne sont aucunement antisémites. Si bien que pour les soutenir, les représentants de la communauté juive d’Ukraine contrent la propagande russe qui les accuse d’antisémitisme.

Trois jours plus tard, le nombre des manifestants tués s’élève à une centaine, à laquelle s’ajoutent plusieurs centaines de blessés. Célébrés en tant que héros, ils sont appelés « Небесна Сотня », soit « la Centurie Céleste ».

    L’invasion russe

Le 22 février 2014, l’Ukraine se retrouve dans une situation très critique car sans président pour diriger le pays. Des élections s’organisent et un gouvernement est mis en place. Le 28 février 2014, des « petits hommes verts » débarquent en Crimée. Ainsi désignés, ces soldats sans signes distinctifs, parlant russe, commencent à occuper les lieux stratégiques, comme les mairies, les bâtiments administratifs, militaires et civils. Ils se révéleront bien être des soldats russes… Le 18 mars 2014, à la suite d’un référendum tenu le 16 mars sous la surveillance armée des « petits hommes verts » le gouvernement russe annonce que la République de Crimée devient russe. Rappelons que lors du scrutin, il y n’avait que deux choix possibles : l’autonomie ou l’alliance à la Russie. Aucun observateur étranger n’étant invité, les habitants de Sébastopol « votent » à 123% pour l’alliance, selon les sources officielles russes.  Outre le côté surréaliste d’un tel score, d’autres sources indiquent qu’une très faible minorité des Criméens avait voté pour l’annexion bien que des cars entiers de citoyens venus de Russie se soient invités au scrutin.  Dès le mois d’avril 2014, l’armée russe, toujours sans signes distinctifs, envahit le Donbass dans  l’Est de l’Ukraine. Les premiers combattants ukrainiens qui s’engagent pour défendre le pays sont des volontaires. En face d’eux se trouvent les milices populaires du Donbass flanquées d’unités de l’armée russe, sous le commandement de généraux du FSB, émanation des NKVD et KGB. Le gouvernement ukrainien lance alors l’Opération Anti-Terroriste dite « ATO ».       

Le 7 juin 2014, Petro Porochenko dévient le nouveau Président de l’Ukraine.

Le 17 juillet 2014, le vol MH17 de la Malaysia Airlines est abattu par les combattants pro-russes, au-dessus de Donetsk. Les conclusions préliminaires de l’enquête prouvent clairement que le missile, ainsi que la plate-forme de tir viennent de Russie, cette dernière nie contre toute évidence et incrimine l’armée ukrainienne.  Le 11 février 2015, les dirigeants de l’Ukraine, de la Russie, de la France et de l’Allemagne signent les Accords de Minsk 2 afin de faire respecter le cessez-le-feu à l’Est de l’Ukraine. Hélas, la mission de l’OSCE constate des tirs quotidiens incessants.

De nouveaux horizons

Le 14 mai 2016, la chanteuse Jamala gagne le 61ème Concours Eurovision de la chanson 2016 avec sa chanson « 1944 » évoquant la déportation des Tatars de Crimée par le pouvoir stalinien.

Malgré la guerre qui se poursuit dans le Donbass avec son lot quotidien de victimes, l’Ukraine s’efforce de s’ouvrir au monde et devient peu à peu un pays mondialisé et moderne.