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Au XIème siècle, Iaroslav-le-Sage décide de mener une politique d’extension de ses alliances, et offre en 1051 sa fille, Anne de Kyïv, en mariage au roi Henri Ier de France. De leur union naîtra Philippe Ier. En 1065, la reine relève les ruines d’une Abbaye ancienne à Senlis et y fonde celle de Saint-Vincent.

Guillaume Le Vasseur de Beauplan, né à Dieppe vers 1595, un ingénieur et cartographe français. Il est le premier à publier une carte détaillée de l’Ukraine et fait connaître ce pays en Europe. Curieux et attentif au monde qui l’entoure, il décrit les us et coutumes des cosaques et plus généralement des Ukrainiens de l’époque.  

Au XVIIIème siècle, Grégoire Orlyk, le fils de l’hetman Pylyp Orlyk, se met au service de Louis XV pour effectuer des missions officielles ou secrètes. Grâce à ses fonctions proches du roi, la voix des cosaques ukrainiens se fait entendre en France et de nombreux échanges sont noués entre les deux pays. Ainsi, de jeunes Ukrainiens purent-ils par exemple étudier dans les grandes universités de Paris et Strasbourg.

Dans son ouvrage « Histoire de Charles XII, roi de Suède », édité pour la première fois en 1731, Voltaire exprimait son admiration pour l’Ukraine en disant « Ukraine, pays des Cosaques […] est cultivée et riche »… mais surtout que l’« Ukraine a toujours aspiré à être libre ».

 

Ivan Mazepa héros semi-légendaire ukrainien et futur  « hetman »  est d’abord page à la cour du roi de Pologne dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Doté d’une remarquable sagacité et d’une grande beauté, il inspira en 1827 Louis Boulanger pour son célèbre tableau « Le supplice de Mazepa ». En  1829, dans « les Orientales », Victor Hugo, consacre tout un poème à l’hetman Ivan Mazepa. N’oublions pas « La légende de Mazepa », une des dernières toiles que peignit Théodore Géricault avant sa mort.

Théodore Géricault (1791 – 1824), « La légende de Mazzeppa », Collection privée (à gauche). Louis Boulanger (1806 – 1867), le Supplice de Mazeppa 1827, Musée des Beaux-Arts Rouen | Huile sur toile (à droite). 

En 1924, un des personnages les plus marquants du mouvement national ukrainien, le Commandant suprême de l’Armée et le troisième Président de la République Populaire Ukrainienne, Simon Petlioura, s’exile à Paris. Le 25 mai 1926, il est abattu rue Racine par un agent soviétique. Transféré à l’Académie Nationale de Médecine, Petlioura y rend le dernier souffle. Il est le fondateur de la « Bibliothèque Ukrainienne de Paris» qui porte son nom, située au 6, rue de Palestine, Paris 19ème, où se trouve également l’église orthodoxe autocéphale ukrainienne Saint-Simon. La Chapelle de l’Académie de Médecine, sise au 51, rue des Saints-Pères, Paris 6ème, à l’angle du Boulevard Saint-Germain, a quant à elle été attribuée à la communauté gréco-catholique ukrainienne qui dès 1937 la transforme en cathédrale dédiée à Saint-Volodymyr-le-Grand.

 

En 1939, les Ukrainiens considérés comme Polonais (car venant de Galicie, territoire ukrainien occupé par la Pologne à cette époque) refusent d’aller combattre sous les drapeaux polonais. C’est ainsi que 6 000 hommes demandent et obtiennent du gouvernement français l’autorisation d’être incorporés dans la Légion Etrangère pour combattre les nazis. Après la signature de l’armistice en 1940, ils gravent sur le Rocher de la Garenne à Peynier (Bouches-du-Rhône) un « tryzub » (trident en ukrainien), emblème de leur pays, ainsi que des inscriptions en ukrainien. Il faudra attendre 2008 pour que la Légion Etrangère reconnaisse officiellement l’engagement de ces volontaires ukrainiens durant la Seconde Guerre mondiale.

En 1951, s’installent à Sarcelles quelques intellectuels ukrainiens ayant fui le communisme. Membres de la « Société Scientifique Taras Chevtchenko », ils décident de promouvoir l’Ukraine en rédigeant la première encyclopédie ukrainienne.

Cette société, au départ secrète, a compté parmi ses membres des grands personnages historiques tels qu’Ivan Franko (célèbre écrivain ukrainien), Albert Einstein ou encore Max Planck (prix Nobel de physique en 1918). Aujourd’hui, la bibliothèque rassemble plus de 20.000 ouvrages, des archives, des photos et des correspondances.

En attendant que le foyer ukrainien de Mackwiller (Bas-Rhin) fondé dans les années 1950 par le Père Paul Kohut, figure emblématique de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne, renaisse de ses cendres, les Ukrainiens de l’Est de la France peuvent encore se réunir dans celui d’Algrange (Moselle).

En 1974, les Ukrainiens de la région de Lyon décident d’acheter une ancienne usine de filage de la soie en Ardèche. Le but est dans un premier temps d’accueillir les anciens. Très vite est créée une maison familiale baptisée « Tchornohora » (la Montagne noire) du nom d’une région montagneuse des Carpates. Le paysage vert et enchanteur de la région leur rappelait leurs chères montagnes d’Ukraine. Aujourd’hui encore, les enfants des descendants ukrainiens entretiennent les traditions de chants, de danses et d’activités manuelles ukrainiennes. Pour leur rappeler leur riche histoire, une magnifique fresque cosaque du peintre Gawra orne la salle à manger de la maison.

L’Union des Ukrainiens de France et l’Union de la Jeunesse ukrainienne acquièrent, en 1979, le château de Rosey. L’Ukraine étant toujours à l’époque placée sous le joug soviétique, les scouts ukrainiens décident de perpétuer leurs traditions dans un lieu de vacances en France. Depuis, chaque année, le camp de vacances de Rosey accueille des dizaines d’enfants de la diaspora ukrainienne et leur organise des activités récréatives et pédagogiques sur la culture de leurs ancêtres.

En 1997 est fondé le Comité Représentatif de la Communauté Ukrainienne en France (CRCUF), qui rassemble les quinze associations « historiques » de la communauté ukrainienne de France. Elle représente les 150 000 Français d’origine ukrainienne et Ukrainiens de France répartis sur l’ensemble du territoire de l’Hexagone.

En 2004, lors de la Révolution Orange, Nathalie Pasternak dévient la Présidente du CRCUF, et mène le combat de la vérité et de la dignité du peuple ukrainien. Durant la Révolution Orange (en 2004/2005) puis le soulèvement du Maïdan (en 2013/2014) et surtout depuis le début la Guerre dans le Donbass en 2014, elle a su unir la diaspora et porter le message des Ukrainiens de France. Luttant vaillamment contre le cancer, elle décède le 4 janvier 2016 et laisse en héritage le combat de toute une vie. Son rayonnement illumine encore le chemin de tous les Ukrainiens de France.

 

 

 

Diplômé de l’Académie de Musique Lyssenko à Lviv, Wassyl Slipak s’installe en 1997 en France où il entame une brillante carrière internationale. Baryton-basse exceptionnel, il reçoit plusieurs prix, dont celui de la meilleure performance masculine pour le « chant du toréador » dans Carmen de Georges Bizet. Il se produit sur les scènes les plus prestigieuses, comme celles de l’Opéra de Paris, de l’Athénée ou de l’Opéra de Massy.  En 2011, il est finaliste au 4eme Concours International d’Opéra, en Hongrie, grâce à son rôle principal dans « L’Empereur d’Atlantis » de Viktor Ullmann.  En 2014, les événements du Maïdan, le poussent à s’engager dans un combat militant et il devient le chef de file des manifestants de Paris qui s’opposent pacifiquement à l’agression russe en Ukraine. La même année, il décide une première fois de s’engager en tant que volontaire au côté des forces armées en Ukraine pour libérer son pays.

 

 

 

 

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  Le 29 juin 2016, Wassyl Slipak meurt sur le champ de bataille dans le Donbass. Pour tous ceux qui l’ont connu il demeure vivant et inspire la communauté dans leurs actions militantes et pacifiques.

 

Le journaliste américain Jack Losh écrit le 1er Jouillet 2016 à Washington Post: “Sur le fond des bruits de l’artillerie et des tirs, la voix profonde et résonnante de Wassyl Slipak dans les tranchées de l’est de l’Ukraine rappelait chaleureusement les traits moins barbares de l’humanité”

 

 

 

Le 28 octobre 2016, le Premier Ministre ukrainien, Volodymyr Groïsman ouvre le forum d’affaires franco-ukrainien à Bercy. Ce forum rassemble de nombreux hommes d’affaires et resserre les liens entre la France et l’Ukraine.

 

 

  • "Ukraine, le réveil d'une nation", Alain GUILLEMOLES

    Entre enquête et reportage, ce récit dessine le visage de la nouvelle Ukraine en train de naître, une vieille nation au destin longtemps contrarié qui entend aujourd’hui prendre son avenir en main.
  • "Russie-Ukraine : de la Guerre à la Paix ?", Antoine ARJAKOVSKY

    Antoine Arjakovsky est un historien français, né en 1966. Depuis septembre 2011, il co-dirige avec Antoine de Romanet le département « Société, Liberté, Paix » du pôle de recherche du Collège des Bernardins à Paris. Il a publié plusieurs ouvrages consacré à l’histoire de la pensée chrétienne orthodoxe et a enseigné dans plusieurs universités européennes et américaines.
  • "Kyiv-Paris", Bogdan Obraz

    Un étudiant se promène dans les rues de Paris et essaie de trouver des parallèles avec de Kyiv, en les parsemant d’anecdotes personnelles. Nostalgique, il compare les deux villes, les deux pays, la France et l’Ukraine, et réfléchit également sur l’amour – l’amour étranger, l’amour charnel et l’amour à distance…
  • "Ukraine et Russie : pour comprendre", Laurent CHAMONTIN

    La propagande lui assurait que son quartier était bombardé par les forces ukrainiennes, mais elle voyait bien que les tirs venaient des batteries séparatistes. La révision déchirante qu’a dû opérer cette habitante de l’Est de l’Ukraine pourrait être l’emblème d’une guerre menée sur le terrain médiatique autant que sur le champ de bataille. Elle illustre avec une acuité particulière la nécessité de revenir sur les faits, mais aussi de comprendre ce qui nous empêche de comprendre – y compris en France.
  • "Goodbye Poutine", Sous la direction d'Hélène BLANC

    Sous la direction de la russologue Hélène Blanc, qu’on ne présente plus, les voix multiples, les regards croisés des meilleurs observateurs de l’Union européenne, de la Russie et de l’Ukraine, tous incontestables, analysent la crise la plus grave qu’ait connue l’Europe à 28. Dans l’impasse actuelle, leurs éclairages pluriels sont infiniment précieux. Malgré une propagande incessante, un double jeux et un double langage, le masque est tombé : Goodbye, Poutine
  • "ANNE DE KIEV", Philippe DELORME

    Une Reine de France venue d’Ukraine
  • "Ukraine, cette terra incognita", Collectif

    Les préjugés sur la proximité linguistique et culturelle entre les Russes et les Ukrainiens sont tels que la culture ukrainienne reste une sorte de terra incognita en France. Fidèle à sa vocation, La Règle du jeu corrige cette injustice et permet à ses lecteurs de découvrir la diversité culturelle ukrainienne, à travers ses écrivains et ses poètes, ses penseurs et ses artistes.
  • "Kobzar", Taras CHEVTCHENKO

    Taras Chevtchenko (1814-1861), considéré aujourd’hui comme le plus grand poète de langue ukrainienne, a laissé un héritage poétique important, à la fois complexe et étonnamment vivant : réuni sous le titre de Kobzar, il compte 248 poèmes et 1 500 pages environ.
  • "Grégoire Orlyk", Iryna DMYTRYCHYN

    “Au début du XVIIIème siècle, la Pologne constituait un élément stratégique de la diplomatie française. La cheville ouvrière de cette “carte ukrainienne” fut Grégoire Orlyk. Il joua un rôle important dans la tentative de restauration du roi Sanislas en 1733.”
  • "Holodomor, le génocide oublié", un film de Bénédicte BANET

    Dans les années 1932-1933, l’Etat soviétique dirigé par Staline organise une famine artificielle en Ukraine, le Holodomor, littéralement “extermination par la faim” dans l’indifférence du monde entier, 6 millions de victimes y trouvent la mort.
  • "Choeur ukrainien Saint-Volodymyr-le-Grand"

    Le Choeur ukrainien saint Volodymyr le Grand a été créé en 1952 par Thomas Dratwinski, afin d’accompagner la Divine Liturgie de rite byzantin ukrainien. Parmi tous les événements, une transmission télévisée et un concert sous la présidence d’André Maurois ont marqué le début prometteur de la chorale.
  • "Ukraine 1933, HOLODOMOR", Philippe et Anne-Marie Naumiak

    Philippe et Anne-Marie Naumiak, enfants d’un survivant du Holodomor qui a vécu en France pendant plus d’un demi-siècle, font le choix de témoigner pour l’Histoire : « Notre démarche n’est pas une quête de racines que nous n’avons, du reste, jamais oubliées. C’est un retour que nous savions inévitable aux sources d’une tragédie familiale, politique, mémorielle, nationale et religieuse dont nous sommes les témoins et les héritiers. »
  • "Cinq Zinnias pour mon inconnu", Marie-France Clerc

    Là-bas, un siècle à peine après sa défaite contre les bolchéviques en 1920, l’Ukraine lutte à nouveau contre l’impérialisme de son proche voisin. Ici, sous le soleil de Provence, Natalie reçoit ses petits-enfants pour un mois de vacances insouciantes et heureuses. Mais qui peut vivre sans passé ? Les grands-parents de Natalie ont fui la Révolution de 1917. Installés en France, ils parlaient peu de leur Ukraine Natale.